Johannes von Miquel

Johannes von Miquel
Illustration.
Fonctions
Vice-président de Prusse
Ministre-présidentClovis de Hohenlohe-Schillingsfürst

Bernhard von Bülow

PrédécesseurKarl Heinrich von Boetticher
SuccesseurTheobald von Bethmann Hollweg
Ministre des Finances de Prusse
Ministre-présidentClovis de Hohenlohe-Schillingsfürst

Bernhard von Bülow

PrédécesseurAdolf von Scholz (de)
SuccesseurGeorg von Rheinbaben
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceNeuenhaus (Royaume de Hanovre)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décèsFrancfort-sur-le-Main (province de Hesse-Nassau)
Nationalitéallemande
ConjointEmma Wedekind
Diplômé ded'Heidelberg et de Göttingen.
ProfessionHomme politique
Religionréformé

Johannes Franz Miquel, anobli en 1897 en von Miquel (né le à Neuenhaus, arrondissement du Comté de Bentheim et mort le à Francfort-sur-le-Main) est un homme d'État prussien, il fut notamment ministre des Finances et maire de Francfort.

Famille

Il est issu d'une famille française[1] originaire de Cahors, qui a émigré à Düsseldorf. Sa généalogie remonte jusqu'à Marc Miquel en 1670 dans cette même ville. Son père vit à Neuenhaus dans l'arrondissement du Comté de Bentheim. Il est élevé dans la religion évangélique bien qu'il ait été baptisé dans la religion catholique. Son frère aîné Franz Wilhelm Miquel (de) est professeur dans un gymnasium ainsi que rédacteur. Il se fiance à Bertha Markheim (de), sœur de Julius Rodenberg (de), en 1852.

Miquel se marie le à Emma Wedekind (née le à Bissendorf, arrondissement d'Osnabrück et décédée le à Cassel) dans la ville d'Hanovre. C'est la fille du consul de Hanovre à Palerme Karl Wedekind (de) et de Julie Ehmsen. De ce mariage naissent trois fils et une fille. Parmi eux, Walther von Miquel (de), juriste. Le résistant Rudolf von Scheliha est un de ses petits-fils.

Biographie

Miquel (à droite) aux environs de 1889 au Reichstag

Études et marxisme

Miquel étudie le droit de 1846 à 1849, d'abord à Heidelberg puis à Göttingen. Il est d'abord séduit par l'idéologie communiste et à des contacts avec Karl Marx. En 1848, il prend part aux mouvements étudiants en tant que démocrate radical[2] et est jusqu'en 1852 un membre de la ligue des communistes.

Parlementaire libéral

Après la fin de ses études, il s'installe en tant qu'avocat à Göttingen et se tourne vers le libéralisme. En 1855, il entre à l'Obergericht (tribunal supérieur) et en 1857 au conseil municipal de la ville. En 1859, il fonde, avec le meneur des libéraux dans le royaume Rudolf von Bennigsen, le Deutscher Nationalverein, une association favorable à la solution petite-allemande pour réaliser l'unité allemande[3]. En 1864, il est élu dans la seconde chambre des députés du royaume de Hanovre où il fait partie de l'opposition. Après l'annexion de Hanovre par la Prusse en 1866, il contribue à l'assimilation de la nouvelle province dans le nouvel ensemble ainsi créé[4].

En 1867, il est l'un des fondateurs d'importance du parti national-libéral. Il siège de 1867 à 1882 dans la chambre des députés prussienne, la chambre basse du parlement[4]. Il fait partie de l'aile à la droite du parti. Il représente dans la chambre la 7e circonscription de Hanovre, ce qui correspond à Osnabrück. De 1867 à 1870 il siège au Reichstag de la confédération de l'Allemagne du Nord et y représente la 4e circonscription (Osnabrück - Bersenbrück - Iburg)[5],[6]. De 1871 à 1877, il représente la circonscription principauté de Waldeck au Reichstag de l'Empire allemand[7],[8]. Au parlement, il est spécialiste de l'harmonisation juridique dans l'Empire. De 1874 à 1876, il est président de la commission juridique du parlement. Il y travaille à la rédaction à du code civil et pénal, ainsi qu'à la Gerichtsverfassungsgesetz[4].

En parallèle de sa carrière parlementaire, Vom Miquel est actif dans l'administration et dans les affaires. De 1865 à 1870, il est adjoint puis maire d'Osnabrück. En 1870, il devient directeur de la banque société Disconto (de). Il démissionne de ce poste en 1876 pour éviter d'éventuel conflit d'intérêt avec ses fonctions parlementaires[4],[1],[9].

Mairie de Francfort

En 1877, il quitte progressivement le Reichstag pour se consacrer à la politique communale. Ainsi en 1876, il redevient maire d'Osnabrück, ou il mène une politique favorable aux artisans, puis en 1880[10], il succède à Daniel Heinrich Mumm von Schwarzenstein (de) à la mairie de Francfort-sur-le-Main. Il met en place une politique fiscale avantageuse et transforme la ville impériale et métropole moderne. Il y fait notamment construire une première station d'épuration en 1882, il canalise le Main et aménage le port de l'Ouest en 1886 et fait construire la gare centrale de Francfort en 1888. De 1886 à 1890, il est membre pour l'arrondissement de Francfort du parlement communal de Nassau (de).

Tombe au cimetière Hauptfriedhof de Francfort-sur-le-Main

Avec le temps sa pensée politique évolue et devient moins libérale, moins oppositionnelle. Il est un artisan de la collaboration avec les conservateurs[4]. Cela se manifeste dans la déclaration d'Heidelberg qu'écrit Johannes von Miquel en 1884 et sert de ligne directrice au parti national-libéral. Elle approuve la politique de Bismarck en matière militaire, coloniale, anti-socialiste, douanière, pour la protection de l'agriculture et des entreprises de taille moyenne, ainsi que pour la suprématie de l'État par rapport aux partis politiques. Elle renonce à tout programme à la Gladstone, comme le soutient le Parti radical allemand. Si les provinces de l'est de la Prusse sont tout d'abord réticentes, rapidement tout le parti suit cette ligne[11].

Miquel est un ferme défenseur de la création d'une sécurité sociale et de la politique sociale en général qu'il considère comme une des questions politiques les plus importantes pour le futur. Il est favorable à une politique du logement, pour la propriété, la politique défensive et la reconnaissance des syndicats[11].

Il devient également un actif partisan de l'expansion coloniale allemande. En 1882, il est un des fondateurs de l'association coloniale allemande (de).

En 1887, lors des élections du Reichstag une vaste alliance politique appelée cartel réunie libéraux et conservateurs[4]. Il est élu dans deux circonscriptions en même temps cette fois-ci : la seconde de Hesse (Friedberg- Büdingen) et la sixième du Palatinat (Kaiserslautern). Il accepte le second vote et est reconduit en 1890, il doit toutefois quitter ce poste à la suite de sa nomination au poste de ministre des finances le [12],[13]. Miquel est également membre de la chambre des seigneurs de Prusse, qui est la chambre haute du parlement, de 1882 à 1890.

Ministre des Finances

En 1890, il est nommé ministre des Finances de Prusse par le chancelier impérial et ministre-président prussien Leo von Caprivi. Il met en place un système de taxes novateur qui est toujours en place dans ses grandes lignes composé de : l'impôt sur le revenu, l'impôt foncier et d'une taxe professionnelle. La loi est votée en 1891. La vraie nouveauté tient à la progressivité du taux d'imposition, ainsi le taux est de 0,62 % pour la tranche touchant de 900 à 1 050 marks et de 4 % pour ceux touchant plus de 100 000 marks. Elle équilibre également les revenus revenant aux États et ceux revenant aux communes. Cette loi est couramment désignée par son nom[citation 1],[4].

Le succès de la loi, lui permet le de faire voter une réforme du droit communal ambitieuse. Si les grands propriétaires sont relativement favorisés par la loi, ce qui conduit à des controverses, elle introduit des sources de revenus directs pour les communes. En effet, les taxes sur les bâtiments, les terrains et les sociétés sont transférées de l'État aux communes[4]. En 1894, il tente sans succès de réformer les finances impériales. On lui reproche de s'être détourné des idées libérales pour être plus pratique[1]. En 1895, il propose la création de banques coopératives[citation 2] pour soutenir l'agriculture et les classes moyennes[4].

Buste de 1899.

En 1897, il devient vice-président du ministère d'État prussien (de)[4]. Il reçoit le très prestigieux ordre de l'Aigle noir le 27 janvier 1897 à Berlin et est anobli le .

En 1901, Von Miquel défend la question de la construction de canaux devant le parlement. L'empereur Guillaume II n'a pas les mêmes opinions que lui à ce sujet et se sert de l'échec de sa seconde proposition de loi en juin pour l'éloigner du pouvoir[4].

Décès et postérité

Il décède le dans sa maison de Francfort. Il est enterré dans une tombe monumentale au Frankfurter Hauptfriedhof (Gewann D 297). Une partie du Frankfurter Alleenring (de), des rues dans sa ville natale, Neuenhaus, mais aussi à Lingen et Osnabrück portent son nom.

Pour le 70e anniversaire de von Miquel, le ministre de la Culture Robert Bosse a commandé la sculpture d'un buste en marbre à Ferdinand Hartzer (de). L'original se trouve au lycée Georgianum de Lingen, d'autres se trouvent au musée August-Kestner de Hanovre et dans la salle des fêtes de la mairie de Francfort.

Références

  1. (de) « Johannes von Miquel dans l'Encyclopaedia Britannica' de 1911 » (consulté le )
  2. Langewiesche 1983, p. 104
  3. (de) « Biographie de Bennigsen », sur Deutsches historisches Museum (consulté le )
  4. (de) Rita Aldenhoff, Neue Deutsche Biographie (NDB), t. 17, Berlin, Duncker & Humblot, (ISBN 3-428-00198-2, lire en ligne), « Miquel, Johannes von », p. 553
  5. Spech, Schwabe 1904, p. 117
  6. Hirth 1868, p. 183
  7. Spech, Schwabe 1904, p. 288
  8. Hirth 1868, p. 220
  9. La NBD écrit qu'il est directeur de la Disconto-Gesellschaft jusqu'en 1876, l'Encyclopaedia Britannica 1873
  10. l'Encyclopaedia Britannica écrit 1879
  11. Nipperdey 1992, p. 330
  12. Spech, Schwabe 1904, p. 198
  13. (de) Reichstags -Bureau, Amtliches Reichstagshandbuch. 8. Legislaturperiode. 1890/1895, Berlin, Verlag Crowitzsch und Sohn, , p. 221

Citations

  1. « Miquelsche Steuerreform »
  2. « Zentralgenossenschaftskasse »

Bibliographie

  • (de) Rita Aldenhoff, Neue Deutsche Biographie (NDB), t. 17, Berlin, Duncker & Humblot, (ISBN 3-428-00198-2, lire en ligne), « Miquel, Johannes von », p. 553Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Barbara Burkardt et Manfred Pult, Nassauische Parlamentarier; Teil 2 : Der Kommunallandtag des Regierungsbezirks Wiesbaden 1868–1918, 1933, Wiesbaden, (ISBN 3-930221-11-X), p. 238–234
  • (de) Genealogisches Handbuch des Adels, t. 5, Limburg (Lahn), C. A. Starke Verlag, coll. « Adelige Häuser », (ISSN 0435-2408), p. 230
  • (de) Georg Hirth, Deutscher Parlaments-Almanach, Berlin, Verlag Franz Duncker, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Thorsten Kassner, Der Steuerreformer Johannes von Miquel, Universitätsverlag Rasch,, (ISBN 3-935326-14-9)
  • (de) Fritz Specht et Paul Schwabe, Die Reichstagswahlen von 1867 bis 1903. Eine Statistik der Reichstagswahlen nebst den Programmen der Parteien und einem Verzeichnis der gewählten Abgeordneten, Berlin, Verlag Carl Heymann, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Dieter Langewiesche, Die deutsche Révolution von 1848/1849, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, coll. « Wege der Forschung », , 405 p. (ISBN 3-534-08404-7)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Thomas Nipperdey, Deutsche Geschichte, t. 2 : 1866–1918. Machtstaat vor der Demokratie, Munich, C. H. Beck, , 948 p. (ISBN 3-406-34801-7, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Gerhard Beier (de): Arbeiterbewegung in Hessen. Zur Geschichte der hessischen Arbeiterbewegung durch einhundertfünfzig Jahre (1834–1984). Insel, Frankfurt am Main 1984 (ISBN 3-458-14213-4), S. 500.
  • (de) Eduard Bernstein: Die Briefe Johannes Miquels an Karl Marx. In: Die neue Zeit (de). Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. 32 (1913–1914), 2. Band (1914), Heft 1, S. 4–9, Online.
  • (de) Hans Herzfeld: Johannes von Míquel. Sein Anteil am Ausbau des Deutschen Reiches bis zur Jahrhundertwende. 2 Bände. Bd. 1: Johannes von Míquel und die Bismarcksche Reichsschöpfung von 1886–1884; Bd. 2: Konservative Wendung und staatsmännisches Wirken 1884–1901, Meyersche Hofbuchhandlung Staercke, Detmold 1939.
  • (de) Thomas Klein: Leitende Beamte der allgemeinen Verwaltung in der preußischen Provinz Hessen-Nassau und in Waldeck 1867 bis 1945 (= Quellen und Forschungen zur hessischen Geschichte. Bd. 70), Hessische Historische Kommission Darmstadt, Historische Kommission für Hessen, Darmstadt/Marburg 1988 (ISBN 3-88443-159-5), S. 173.
  • (de) Jochen Lengemann: MdL Hessen. 1808–1996. Biographischer Index (= Politische und parlamentarische Geschichte des Landes Hessen. Bd. 14 = Veröffentlichungen der Historischen Kommission für Hessen. Bd. 48, 7). Elwert, Marburg 1996 (ISBN 3-7708-1071-6), S. 265.
  • (de) Walter Mathiak (de): Das preußische Einkommensteuergesetz von 1891 im Rahmen der Miquelschen Steuerreform von 1891/93. Vorgeschichte, Entstehung, Begleitgesetze, Durchführung. Berlin 2011 (= Quellen und Forschungen zur Brandenburgischen und Preußischen Geschichte, Band 41) (ISBN 978-3-428-13483-0).
  • (de) Franz Mehring: Miquel. In: Die neue Zeit. Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. 18. 1899–1900, 2. Band (1900), Heft 40, S. 385–388, Online.
  • (de) Wilhelm Mommsen: Johannes Miquel. Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart 1928.
  • (de) Wilhelm Rothert: Allgemeine Hannoversche Biografie. Band 1: Hannoversche Männer und Frauen seit 1866. Sponholtz, Hannover 1912, S. 238–247.
  • (de) « Acta Borussica Band 6/I (1867–1878) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 6/II (1867–1878) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 7 (1879–1890) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 8/I (1890–1900) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 8/II (1890–1900) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 9 (1900–1909) » [archive du ] (consulté le )
  • (de) « Acta Borussica Band 10 (1909–1918) » [archive du ] (consulté le )

Liens externes

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Mitglieder des Deutschen Reichstages

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