Athènes

Athènes
(el) Αθήνα
Athènes
De haut en bas et de gauche à droite : acropole, ancien palais royal, Zappéion, stade Olympique, Monastiráki, vue de la ville.
Administration
PaysDrapeau de la Grèce Grèce
PériphériePériphérie de l’Attique Attique
District régionalAthènes-Centre
Code postal10x xx, 11x xx et 120 xx
Indicatif téléphonique210, 211 et 212
ImmatriculationΥ, Ζ et Ι
Démographie
Population664 046 hab. (2011[1])
Densité17 475 hab./km2
Géographie
Coordonnées37° 58′ 00″ nord, 23° 43′ 00″ est
Altitude170 m
Superficie3 800 ha = 38 km2
Localisation
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Athènes

Athènes (en grec : Αθήνα / Athína, /a.ˈθi.na/[2] ; en grec ancien : Ἀθῆναι / Athễnai — le nom est toujours pluriel) est la plus grande ville et la capitale de la Grèce[3]. En 2011, elle compte 664 046 habitants intra-muros sur une superficie de 39 km2. Son aire urbaine, le Grand Athènes, qui comprend notamment le port du Pirée, en compte plus de 4 millions. Berceau de la civilisation occidentale et dotée d'un riche passé, la ville est aujourd'hui le cœur politique, économique et culturel de la République hellénique, dont elle accueille la plupart des institutions, comme le Parlement, la Cour de cassation et le siège du Gouvernement.

Athènes est l'une des plus anciennes villes au monde, avec une présence humaine attestée dès le Néolithique. Fondée vers 800 av. J.-C. autour de la colline de l'Acropole — par le héros Thésée, selon la légende —, la cité domine la Grèce au cours du Ier millénaire av. J.-C. Elle connaît son âge d'or au Ve siècle av. J.-C., sous la domination du stratège Périclès : principale puissance militaire de Grèce, à la tête d'une vaste alliance de cités, elle est également le cœur culturel de la Méditerranée. La démocratie athénienne connaît une vie intellectuelle importante, rassemblant des philosophes antiques (Socrate, Platon, Aristote), des auteurs de théâtre (Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane) et l'historien Thucydide. De nombreux témoignages de cette période faste ont été conservés, comme le Parthénon, l'Agora (qui comprend notamment le temple d'Héphaïstos), l'Olympéion, le théâtre de Dionysos ou encore le Stade panathénaïque.

Intégrée au royaume de Macédoine, puis à l'Empire byzantin — période durant laquelle fut bâti le monastère de Daphni —, Athènes est conquise par l'Empire ottoman en 1456 et reste sous sa domination jusqu'en 1822, année de l'indépendance de la Grèce. Elle en devient la capitale et connaît une importante croissance urbaine. Occupée lors des deux guerres mondiales, la ville est ravagée par les destructions de la guerre civile grecque (1946–1949). Durant la seconde moitié du XXe siècle, Athènes devient le cœur économique et universitaire d'une Grèce en plein développement, dont les symboles sont les grandes avenues commerçantes telles que l'avenue Kifissias ou l'avenue Vasilissis Sofias. Frappée de plein fouet par la crise grecque depuis 2009, la ville a perdu plusieurs dizaines de milliers d'habitants et fait face à d'importantes difficultés économiques.

La ville s'étend sur la plaine d'Attique, sur les rives de la mer Égée. Elle est le chef-lieu du district régional d'Athènes-Centre et la capitale de la périphérie d'Attique, mais aussi celle du diocèse décentralisé du même nom. Le quartier le plus ancien, Pláka, est situé en contrebas de l'Acropole et comprend notamment la place Monastiráki. Kolonáki est le quartier huppé, à proximité de la place Syntagma. Enfin, Exárcheia est le quartier alternatif et branché de la ville, foyer de l'anarchisme en Grèce et de la contestation populaire depuis la crise. Grâce à son climat méditerranéen et ses nombreux musées, comme le musée de l'Acropole ou le musée national archéologique, Athènes est l'une des principales destinations touristiques d'Europe. En 1985, elle a été désignée comme capitale européenne de la culture et en 2018, comme capitale européenne de l'innovation. Elle a également accueilli les Jeux olympiques d'été en 1896 et en 2004.

Géographie

Athènes vue par le satellite Spot.

Site

Athènes s'étend sur la plaine d'Attique, dominée par le mont Ægialée (en) à l'ouest, le mont Parnès au nord, le mont Lycabette au nord-est (faisant partie de chaîne Pentélique), le mont Hymette à l'est, et le golfe Saronique au sud-ouest. En raison de ces limites naturelles, il est peu probable de voir la ville s'étendre beaucoup plus qu'elle ne l'est aujourd'hui. Par ailleurs, la géomorphologie d'Athènes contribue beaucoup aux problèmes de pollution atmosphérique, surnommé le néfos, dont elle souffre aujourd'hui (Los Angeles aux États-Unis connaît la même géomorphologie et les mêmes conséquences).

Les terres sont rocailleuses et peu fertiles. La ville antique était construite au pied de l'Acropole. Dans l'Antiquité et jusqu'au début du XXe siècle, le port du Pirée (en grec, Pireas) était une ville bien distincte mais il fait aujourd'hui partie de la ville.

Morphologie urbaine

Les quartiers de Pláka (situé au pied de l'Acropole), Kolonáki, Monastiráki, Psyrí et Exárcheia (ou Exarchia) constituent le centre de la ville moderne. Lorsqu'Athènes est devenue la capitale du royaume de Grèce au XIXe siècle, les architectes allemands ont tenté de créer une ville nouvelle de style néoclassique autour des places Omónia (la Concorde en grec moderne) et Syntagma (la Constitution). Ces places restent des centres névralgiques, et la plupart des monuments et musées se trouvent dans ces quartiers (le Parlement occupe le bâtiment du palais royal sur Syntagma) mais pour le reste le style néoclassique ne saute pas aux yeux, les bâtiments subsistants étant noyés dans les constructions environnantes.

Les parties nouvelles de la ville sont pour la plupart en béton gris et souffrent d'un manque d'espaces verts. Les Athéniens ont surnommé leur ville Tsimentoupolis ou Tsimentopoli (« la ville de ciment » ou « la ville de béton »).

Climat

Le climat est méditerranéen (classification de Köppen : Csa), les étés sont chauds et secs, les hivers sont doux. Les influences continentales sont présentes aussi, en raison des montagnes qui bordent le tour de la ville. Athènes est une ville sèche (414 mm de précipitations annuelles), la sécheresse estivale dure en réalité d'avril à octobre. Les mois de juillet et d'août sont les plus chauds et les plus secs. Lorsque le vent du nord souffle sur Athènes en hiver, il peut apporter des précipitations sous forme de neige, qui tombent surtout sur la banlieue nord de la capitale. Le , d'importantes chutes de neige se sont produites à Athènes en raison d'une vague de froid exceptionnelle en Europe centrale. Les tempêtes de neige sont peu fréquentes; cependant, lorsqu'elles surviennent, elles causent de graves perturbations. Athènes détient le record de la plus haute température enregistrée en Europe, le  : 48 °C (118,4 °F).

Relevé météorologique d'Athènes-altitude : 107 m
Moisjan.fév.marsavrilmaijuinjui.aoûtsep.oct.nov.déc.année
Température minimale moyenne (°C)6,86,88,811,715,820,623,623,819,815,911,78,814,5
Température moyenne (°C)9,910,212,515,720,525,528,528,624,119,515,111,718,5
Température maximale moyenne (°C)13,313,916,62025,230,433,433,728,723,518,814,722,7
Ensoleillement (h)1581681892253043603843602521981441052 847
Précipitations (mm)56,946,740,730,822,710,65,8613,952,658,397,6414,1
Source : Climatebase (temperatures, RH, and sun 1980–2000).


Étymologie

La formation du toponyme viendrait[4] de la racine indo-européenne ath- signifiant probablement « tête » ou « sommet », puisque la forteresse de l’Acropole située au sommet de la colline du même nom, constituerait le « noyau fondateur » de la ville. Ce qui expliquerait d'ailleurs l’origine de la légende mythologique portant sur la naissance d'Athéna selon laquelle la déesse, devenue protectrice de la cité, serait sortie « armée » de la tête de Zeus.

  • Le pluriel du mot Athènes, d’après Thucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité (voir synœcisme).
  • En grec ancien, la cité s’appelait Ἀθῆναι / Athễnai et c’est sous ce nom qu’elle est devenue la capitale de l’État grec moderne. Cependant, depuis l’abandon de la katharévousa, dans les années 1970, la forme moderne Αθήνα / Athína est devenue le nom officiel de la ville.

Histoire

Antiquité

Des traces d'occupation humaine sont attestées dès le Néolithique sur le site de l'Acropole (voir Pélasges). Mais ce n'est qu'à la suite des invasions ioniennes que l'Attique fut organisée en cités, parmi lesquelles Cécropia, la future Athènes.

Athènes fut fondée formellement vers 800 avant notre ère par le synœcisme de plusieurs villages, partiellement préservés de l'invasion des Doriens. Ce faisant, en tirant parti de la forteresse naturelle de l'Acropole, ils purent résister aux hordes de pillards qui terrorisaient la région. Le pluriel du mot Athènes, d'après Thucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité. Selon la légende, c'est le héros Thésée, vainqueur du Minotaure, qui dirigea cette unification de l'Attique (Thucydide, II, 15, 2).

Athènes était l'une des cités dominantes en Grèce au cours du Ier millénaire av. J.-C. Son âge d'or fut atteint sous Périclès, au Ve siècle av. J.-C., où sa domination était à la fois politique, financière (grâce aux mines d'argent du Laurion et au tribut), militaire et culturelle. C'est à cette époque qu'Athènes fut qualifiée de « capitale (ἄστυ [astu]) de la Grèce » (Isocrate). Rapidement, Athènes transforma la ligue de Délos en un véritable empire qui fut dissous à la fin de la guerre du Péloponnèse qui l'opposa à Sparte.

Le philosophe Aristote né en 384 av. J.-C. participa beaucoup à la vie intellectuelle d'Athènes, notamment en rédigeant son traité intitulé Politiques, où il critiqua la démocratie athénienne.

La bataille de Chéronée, remportée en 338 av. J.-C. par Philippe II, fit entrer Athènes dans le nouvel Empire macédonien. La cité, qui demeura le grand foyer de la civilisation grecque, bénéficia jusqu'au IIe siècle av. J.-C. de nouveaux aménagements et de travaux d'embellissement menés sous la houlette de Lycurgue. Après la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C. et le découpage de l'Empire macédonien, la ville, encore sous domination des rois de Macédoine, sombra dans l'oubli.

Conquise par le Romain Sylla, en 86 av. J.-C., Athènes perdit ses remparts et son rôle politique mais resta néanmoins un véritable phare intellectuel grâce à la Pax Romana qui s'instaura. Séduits par la culture et l'art de vivre athéniens, les Romains en copièrent les œuvres d'art et les mœurs et ne cessèrent d'embellir la ville : la tour des Vents, le temple de Rome et d'Auguste sur l'Acropole, l'agora romaine, le théâtre de l'Odéon dans l'ancienne agora sont parmi les monuments édifiés à cette époque. Aux alentours de l'an 1, la ville comptait ainsi environ 300 000 habitants.

À partir de 53, les prêches de saint Paul devant l'Aréopage ne donnèrent qu'un faible écho au christianisme à Athènes ; Paul réussit cependant à convertir un membre du vénérable tribunal, Denys l'Aréopagite ou Dyonisius, et une femme, Damaris (Ac 17,33-34).

Plus tard, l'empereur Hadrien (117138), particulièrement attaché à la Grèce, continua les travaux d'urbanisme de ses prédécesseurs : la bibliothèque qui porte son nom, l'Olympion (temple de Zeus), de nouvelles routes et des aqueducs furent construits sous son règne. Sous le règne d'Antonin le Pieux, un richissime Athénien, Hérode Atticus, fit bâtir, entre 140 et 144, un gigantesque stade en marbre situé au-delà de l'Ilissos[5] ; il édifia plus tard, en mémoire de sa défunte épouse, l'Odéon qui porte son nom, construit en l'an 161.

Liste des dirigeants d'Athènes

Jusqu'en 752 av. J.-C., Athènes était une monarchie. Après la chute de la royauté, le trône est remplacé par un gouvernement oligarchique : l'archontat.

  • 632 av. J.-C. : Cylon († 632 av. J.-C.). Aristocrate athénien, il organisa un coup d’État pour tenter d'imposer sa tyrannie à Athènes. Mégaclès, archonte d'Athènes cette année-là, le fit mettre à mort avec ses partisans, alors qu'ils s'étaient réfugiés sur l'Acropole, auprès des autels des dieux. Un an plus tard, à la fin de l'archontat de Mégaclès, celui-ci et sa famille, les Alcméonides, furent bannis d'Athènes pour ce sacrilège. Ils ne furent autorisés à rentrer à Athènes que sous l'archontat de Solon, en 594 av. J.-C. Ils seront de nouveau exilés sous la tyrannie de Pisistrate.
  • 561560 av. J.-C. : Pisistrate (600527 av. J.-C.) (1er règne).
  • 556552 av. J.-C. : Pisistrate (restauration, 2e règne).
  • 546527 av. J.-C. : Pisistrate (seconde restauration, 3e règne).
  • 527514 av. J.-C. : Hipparque († 514 av. J.-C.), fils du précédent. Il règne conjointement avec son frère Hippias.
  • 527510 av. J.-C. : Hippias († 490 av. J.-C.), frère du précédent. Il règne conjointement avec son frère Hipparque, puis seul après la mort de celui-ci.

Après la chute d'Hippias, la famille des Alcméonides fut de nouveau autorisée à s'installer à Athènes. La démocratie athénienne se met en place entre 508 et 507 av. J.-C..

Moyen Âge

Durant la période byzantine, Athènes perdit beaucoup de sa gloire pour ne devenir qu'une petite ville de province.

Théodose II, par ses édits de 426 et 439, ordonna la destruction de tous les temples païens. Il fit cependant une exception pour Athènes : ils seraient désaffectés et convertis en églises. Cependant, les Panathénées continuèrent à être célébrées. Justinien fit appliquer les décisions de Théodose II à partir de 529 : fermeture des écoles philosophiques (principalement néo-platoniciennes), transformées en écoles chrétiennes privées et conversion des temples en églises : le Parthénon devint la cathédrale de la ville. En effet, le culte de la Vierge (en grec Parthénos) Athéna fut remplacé par celui de la Vierge Marie Mère de Dieu, qualifiée d'Athénienne comme patronne de la cité. L'Érechthéion devint église de la Théotokos (« mère de Dieu »). En 857, l'évêché d'Athènes devint archevêché et le Parthénon devint église métropolitaine. Les temples furent dépouillés de leurs trésors au profit de Sainte-Sophie. Entre le VIe et le VIIe siècle, l'Asclépiéion fut consacré aux saints Anargyres Côme et Damien. L'Héphaïstéion fut consacré à saint Georges. Au XIIe siècle, les Propylées devinrent palais épiscopal. De nombreuses églises byzantines furent érigées, bien souvent sur d'anciens sanctuaires païens.

En 1146, la ville fut prise par Roger de Sicile. Après l'établissement de l'Empire latin de Constantinople en 1204, les Français mirent en place un duché d'Athènes, d'abord gouverné par les sires de la Roche et de Brienne. Il fut conquis par la compagnie catalane, avant d'être repris par des Florentins, les Acciaiuoli (1385). Ces derniers rendirent à la ville une partie de son éclat. L'Acropole fut transformée en manoir. Les Florentins se logèrent dans le palais métropolitain des Propylées. Ils firent construire une tour de guet, détruite par Heinrich Schliemann en 1875. La ville basse, limitée à l'agora romaine, fut dotée en 1402 d'un mur d'enceinte, parfois appelé mur de Valérien.

L'occupation ottomane

En 1456, trois ans après la chute de Constantinople, Athènes fut conquise à son tour par les Ottomans sujets de Mehmed II, sauf l'Acropole qui résista et ne tomba qu'en 1458. Les Turcs entourèrent l'Acropole de nouvelles fortifications (le mur de Serpentzé), appuyées sur le portique d'Eumène et l'odéon d'Hérode Atticus. Le Parthénon devint une mosquée. Il fut doté d'un minaret peu après 1466. L'Érechtéion devint le harem du disdar. Le , alors qu'Athènes était assiégée par les troupes de Venise commandées par Morosini, une bombe tomba sur le Parthénon que les Turcs avaient transformé en poudrière. Le temple fut presque totalement détruit. La dégradation se poursuivit au début du XIXe siècle et fut l'œuvre de l'ambassadeur britannique à Constantinople, Thomas Bruce (7e comte d'Elgin), et de ses agents.

La population d'Athènes déclina fortement, chose qui s'aggrava avec le déclin de l'Empire lui-même. Des quartiers entiers de la ville furent détruits entre le XVIIe et le XIXe siècle dans des guerres de factions.

XIXe et XXe siècles

Dès 1821 et le déclenchement de la guerre d’Indépendance, Athènes fut libérée de l’occupation turque, mais les Grecs ne s’emparèrent de la forteresse de l’Acropole qu'en après un long siège. En 1826 et 1827, les Turcs assiégèrent l’Acropole, défendue d’abord par le klephte Gouras et Makriyánnis, puis, après la mort de Gouras, par le général français Fabvier. Toutes les tentatives de dégager la ville, menées par Karaïskákis puis, après son décès par l’amiral Cochrane et le général Church, échouèrent. Les troupes de Rachid Pacha prirent l’Acropole le et y restèrent jusqu’au . La ville était quasiment inhabitée lorsqu'elle fut proclamée capitale du royaume de Grèce le , mais elle fut rebâtie dans les décennies qui suivirent.

Le gouvernement s'installa dans une ville en ruines. Les églises furent reconverties pour accueillir les ministères. L'Héphaïstéion devint un musée. Les architectes bavarois du roi Othon proposèrent un schéma directeur en triangle, dirigé vers l'Acropole ainsi mise en valeur, et un plan perpendiculaire. La reconstruction/construction de la ville fut laissée à l'initiative privée. La rue Ermou (Hermès) marquait alors la frontière entre ville ancienne, médiévale et ville contemporaine.

Un palais royal (devenu depuis siège du Parlement), que certains architectes auraient souhaité installer sur l'Acropole, fut achevé en 1838 sur la place Syntagma. La reine Amélie créa l'année suivante un jardin botanique (devenu depuis les jardins nationaux) à côté du palais.

En 1845, la ville était encore soit un champ de ruines soit un chantier de construction. De grandes maisons néo-classiques émergeaient de terrains vagues à peine déblayés. Les rues n'étaient pas encore pavées, ni éclairées, ni réellement aménagées.

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville fut occupée par des troupes franco-britanniques à partir du [6].

Après la guerre gréco-turque et la « Grande Catastrophe » de , l'afflux de plus d'un million de réfugiés en provenance d'Asie Mineure entraîna dans les années 1920 la construction de quartiers entiers.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville fut prise par l'Allemagne nazie, le , et occupée jusqu’en . Les Allemands organisèrent une famine systématique qui fit de très nombreux morts. Le , le soulèvement communiste commença dans le quartier autour de l'Héphaïstéion, après que les forces de police eurent tiré sur une manifestation le matin même sur la place Syntagma, faisant une vingtaine de morts et plus d’une centaine de blessés[7]. Les Britanniques restaurèrent l’ordre après d’intenses combats de rue et grâce à des renforts venus de Phalère.

La croissance d'Athènes fut très faible pendant les premières années qui suivirent les destructions et les ravages de la guerre civile grecque. Puis la cité recommença à croître.

L'entrée de la Grèce dans l'Union européenne en 1981 apporta de nouveaux investissements à la ville. Enfin, l'accueil des Jeux olympiques d'été de 2004 a été le moteur de nombreux travaux d'infrastructure.

En 1985, Athènes a été déclarée capitale culturelle de l'Europe.

Vue panoramique d'Athènes depuis la colline de Pnyx.

Influence culturelle

C’est à Athènes que sont notamment nées la démocratie et la philosophie. De fait, la civilisation athénienne est l’un des fondements de la culture européenne et c’est en mémoire de cela que le projet de constitution européenne cite en préambule l’historien Thucydide (Guerre du Péloponnèse, II, 37, 1) :

Χρώμεθα γὰρ πολιτείᾳ […] καὶ ὄνομα μὲν διὰ τὸ μὴ ἐς ὀλίγους ἀλλ’ ἐς πλείονας οἰκεῖν δημοκρατία κέκληται.
« Nous avons une Constitution […] qui est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre. »

Athènes a également été le centre culturel de la Grèce classique, et ce dans tous les domaines. Sa conception du beau et du bon a influencé durablement le reste du monde grec, puis romain, et enfin l'Occident.

Les cariatides de l'Érechthéion sur l'Acropole.

En 1976 s’est tenu à Athènes le 61e congrès mondial d’espéranto, dont le thème était « Collaboration internationale des états au niveau régional ».

Athènes a accueilli, du 19 au , le 18e symposium international dans la série des symposiums traitant des sujets spéciaux parrainés par l’Association Internationale de Géologie de l’Ingénieur, organisé par le groupe national grec de l’AIGI. Le thème de « la protection des monuments et des sites historiques » fut spontanément adopté[8].

Athènes a par ailleurs accueilli les premiers Jeux olympiques modernes en 1896, en souvenir des Jeux olympiques de la Grèce antique. La ville a accueilli de nouveau les Jeux d'été en 2004. Outre le succès sportif et médiatique de l'évènement, ils permettront peut-être d'accroître les investissements étrangers en Grèce en prouvant la capacité du pays à gérer de grands projets.

Depuis la crise financière de 2008, Athènes est devenu un haut-lieu de l'art urbain[9]. La municipalité cherche à encadrer et valoriser ces pratiques artistiques de rue, notamment le graffiti, pour éviter qu'il n'empiète sur le patrimoine historique[9].

Attraits de la ville

Monuments et musées

L’Olympiéion.
Odéon d'Hérode Atticus, vu de l’Acropole.
  • le musée national archéologique d'Athènes qui abrite l'une des plus grandes collections d'art de la Grèce antique ;
  • le musée de l'Acropole ;
  • le musée byzantin et chrétien d'Athènes, créé pour les collections de la Société archéologique chrétienne, qui dispose d'une annexe dans le palais Ziller-Lovérdos ;
  • la pinacothèque nationale d'Athènes ;
  • le musée d'art contemporain Goulandrís ;
  • le musée Bénaki ;
  • le musée national d'art populaire ;
  • le musée d'art cycladique ;
  • le musée national d'art contemporain d'Athènes ;
  • l’Olympiéion, ou temple de Zeus olympien ;
  • la nécropole antique du Céramique et son musée ;
  • le musée de la Ville d'Athènes ;
  • le musée d'Histoire nationale d'Athènes ;
  • le musée juif de Grèce décrit l'histoire et la culture des Juifs de Grèce;
  • le musée des Technologies des Grecs de l'Antiquité[10].

Autres attraits

  • le marché couvert d'Athènes ;
  • le marché aux puces de Monastiráki ;
  • les rues de Kolonaki avec ses boutiques chic et ses musées d'art contemporain ;
  • le quartier alternatif d'Exarcheia, avec ses disquaires, libraires et musiciens ;
  • le mont Lycabette, d'où l'on a une vue panoramique de la ville ;
  • le quartier de Pláka, le plus ancien d’Athènes et l’un des plus animés ;
  • la place Syntagma et l’ancien palais royal qui abrite le Parlement.

Institutions

Universités et écoles supérieures

  • Université nationale capodistrienne d’Athènes : fondée en 1837, elle est la plus ancienne université du pays[11] ;
  • Université d’économie d’Athènes ;
  • École française d'Athènes : institution renommée pour ses travaux archéologiques ;
  • École d'épigraphie d'Athènes: lieu majeur dans ce domaine ;
  • Université polytechnique national d’Athènes ;
  • Université d’agriculture d’Athènes ;
  • Université de Harokopio (en) ;
  • Université Panteion ;
  • École des Beaux-arts d'Athènes ;
  • Université du Pirée ;
  • Collège américain de Grèce.

Établissements scolaires

  • Lycée franco-hellénique Eugène-Delacroix

Santé

Hôpital Evangelismós

L'hôpital Evangelismós, situé dans le quartier de Kolonáki, fut construit à l'initiative de la reine Olga et inauguré en 1884[12].

Hôpital général Laïkó

L'établissement (en grec moderne : Γενικό Νοσοκομείο Αθηνών «Λαϊκό») est un centre hospitalier universitaire public localisé à Athènes, en Grèce. L'hôpital fait partie du système national de santé grec, en particulier, de la première région de soins de santé de l'Attique[13], et comprend de nombreuses cliniques, laboratoires, services d'hospitalisation et services ambulatoires.

  • Histoire

L'hôpital général Laïkó a ouvert ses portes en 1933 en tant qu'entité juridique de droit public à l'emplacement du pavillon de l'Université à Goudí sous l'égide du ministère de la Santé (alors dénommé ministère de l'Hygiène et de la Perception d'État). L'hôpital s'est progressivement agrandi pour inclure davantage de départements, d'équipements et de cliniques et a abrité une école de physiothérapie et de soins infirmiers[14].

  • Départements

L'hôpital général est organisé en trois départements principaux : les départements de pathologie, de chirurgie et le laboratoire de recherche[15].

L'hôpital dispose également de sept centres d'expertise pour les maladies rares[16].

Conservatoires et écoles de théâtre

  • Conservatoire d'Athènes : fondé en 1871.
  • Conservatoire hellénique : fondé en 1919 par Manólis Kalomíris.
  • Conservatoire national : fondé en 1926 par Manólis Kalomíris.
  • École dramatique du Théâtre national de Grèce : fondée en 1880.

Église orthodoxe

  • Archevêché d'Athènes, à Plaka, rues Metropoleos et Sainte-Philothée.
  • Siège du Saint-Synode de l'Église de Grèce à Moni Pétraki, rue Gennadiou (Evangelismos).

Infrastructures de transport

Natifs célèbres

Population

L’agglomération athénienne est le principal foyer de population de la Grèce, avec 3,7 millions d'habitants sur un territoire métropolitain de 428 km2, sur un total de 11,125 millions de Grecs environ (au ), soit près d'un tiers de la population du pays.

Carte d’Athènes (1888).

Évolution de la population à travers les âges :

AnnéePopulation de la citéPopulation de l'aire urbainePopulation de métro
18334 000[17]
187044 500[17]
1896123 000[17]
1921 (avant échange population)473 000[17]
1921718 000[17]
1971867 023[18]
1981885 737
1991772 0723 444 358[19]
2001745 514[20]3 165 823[20]3 761 810[20]
2011664 0463 090 5083 737 550[20]

La cité moderne d’Athènes est constituée de villes et villages autrefois distincts, qui avec l’expansion démographique du XXe siècle ont fini par former une agglomération. Celle-ci comprend aujourd’hui 54 municipalités (δήμος), la plus importante étant la ville d'Athènes (Δήμος Αθηναίων / Dhímos Athinéon), avec près d’un million d'habitants (la deuxième étant Le Pirée). Le nom d’Athènes peut ainsi désigner l’agglomération entière (aussi appelée le grand Athènes) ou la ville d’Athènes, ou même juste le centre-ville. Voir ci-dessous la liste des municipalités.

Transports

La rame TA10012 du tramway d'Athènes, sur la ligne 5.

Transport en commun

Athènes dispose d'un réseau dense de trolleybus et d'autobus. Afin de lutter contre la pollution, une part croissante des autobus fonctionne au gaz naturel pour véhicules (GNV).

Le métro, dont la première ligne (la ligne verte[21] nommée également ISAP) date de 1904, a été complété par deux lignes modernes (les lignes rouge et bleue[21]) en 2000 et s'étend jusqu'à l'aéroport. Trois lignes de tramway (3, 4 et 5), ont été mises en service pour les Jeux olympiques de 2004[22] : deux d'entre elles relient le centre d'Athènes (départ près de Syntagma). La ligne 3 assure la desserte entre Voúla (sud-est de l'agglomération) et le Pirée (terminus S.E.F.) tandis que la ligne 4 relie Le Pirée à la place Syntagma. Quant à la ligne 5, elle relie Voúla à la place Syntagma.

Port

Le port du Pirée relie par voie maritime, différents ports de la région et différentes îles d'autres régions de la Grèce.

Transport ferroviaire

Un train rapide du réseau Proastiakós relie également la gare centrale (Larisis) à la banlieue attique en direction de l'aéroport — il emprunte la même voie que le métro entre Doukissis Plakentias et l’aéroport international Elefthérios-Vénizélos.

Transport aerien

L'aéroport international Elefthérios-Vénizélos (code AITA : ATH) est construit par une entreprise allemande, a remplacé en 2001 l'ancien aéroport d'Elliniko (Hellinikon International Airport).

Taxi

À ces transports en commun, il faut ajouter les taxis, omniprésents dans la capitale hellène, et qui ont la particularité de prendre à la fois plusieurs passagers se rendant vaguement dans la même direction.

Avant ces développements, se déplacer à Athènes s'avérait très problématique, que ce soit à cause de la vétusté des équipements ou de la lenteur du trafic. Un apport des JO de 2004 est donc ce réseau efficace métro-tramway-bus qui semble avoir apporté une solution au problème du transport athénien. Néanmoins, le tramway n'est pas prioritaire sur le reste du trafic, ce qui occasionne une certaine lenteur et limite ainsi ses performances.

Administration

Nome d'Athènes

Le nome d'Athènes est l'une des 54 préfectures de Grèce. Il fait partie de la périphérie d'Attique. Son chef-lieu est Athènes. Ce nome, d'une superficie très réduite mais densément peuplé, recouvre la partie centrale de l'agglomération athénienne. Il est divisé en plusieurs municipalités et communautés (listées dans l'article détaillé).

Districts de la municipalité d'Athènes

Les 7 districts de la municipalité d'Athènes.

La municipalité d'Athènes est divisée en 7 districts ou « Dimotika Diamerismata » (numérotés de 1 à 7). Cette division en district est principalement utilisée à des fins administratives.

Jumelages

Athènes est jumelée ou a des partenariats avec les villes suivantes :

Notes et références

  1. (el) « Résultats du recensement de la population en 2011 »
  2. Prononciation en grec moderne restranscrite phonémiquement selon la norme API.
  3. « Athènes | Grece Antique », sur www.greceantique.net (consulté le )
  4. Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, (ISBN 978-2-85036-195-1)
  5. R. Étienne, Athènes, espaces urbains et histoire. Des origines à la fin du IIIe siècle ap. J.-C., Paris, Hachette, , p. 212
  6. Maurice Larcher, La grande guerre dans les Balkans, direction de la guerre, Payot,
  7. Joëlle Fontaine, « Churchill contre la Grèce », sur https://www.monde-diplomatique.fr/, Le Monde diplomatique, (consulté le )
  8. (fr+en) La géologie de l’ingénieur appliquée aux travaux anciens, monuments et sites historiques, Rotterdam, A. A. Bqalkema, , Vol. 1 à 4 : 2 312.
    Comptes-rendus du 18e Symposium International organisé par le groupe national grec de l'« Association Internationale de Géologie de l'Ingénieur (AIGI) » en 4 volumes, rédacteurs : Paul G. Marinos, Département de génie Civil, Université polytechnique nationale d'Athènes et Georges C. Koubis, Département de Géologie, Universités de Patras
    Collection complète : (ISBN 90 6191 793 X) ; Volume 1 : (ISBN 90 6191 852 9) ; Volume 2 : (ISBN 90 6191 853 7) ; Volume 3 : (ISBN 90 6191 854 5) ; Volume 4 : (ISBN 90 6191 855 3)
    .
  9. Eric Delhaye, « Athènes sous les bombes », sur https://www.liberation.fr/, Libération, (consulté le )
  10. « Musée des Technologies des Grecs de l'Antiquité », sur kotsanas.com/fr (consulté le )
  11. L'Académie ionienne fut fondée en 1824 à Corfou mais interrompra ses cours lors du rattachement des îles Ioniennes à la Grèce en 1864. L'université Ionienne lui succèdera en 1984.
  12. (en) Julia P. Gelardi, From Splendor to Revolution: The Romanov Women, 1847--1928, New York, St. Martin's Press, , 528 p. (ISBN 978-1-4299-9094-3, lire en ligne), p. 122.
  13. (el) « Νοσοκομεία », sur 1η ΥΠΕ (consulté le ).
  14. (el) « Ιστορία », sur Γενικό Νοσοκομείο Αθηνών Λαϊκό | General Hospital of Athens "LAIKO" (consulté le ).
  15. (el) « Κλινικές - Εργαστήρια - Τμήματα », sur Γενικό Νοσοκομείο Αθηνών Λαϊκό | General Hospital of Athens "LAIKO" (consulté le ).
  16. (el) « Στην κορυφή το νοσοκομείο 'Λαϊκό' - 7 Κέντρα Εμπειρογνωμοσύνης Σπάνιων Παθήσεων », sur www.iatronet.gr (consulté le ).
  17. (en) Anthony Tung, Preserving the World's Great Cities : The Destruction and Renewal of the Historic Metropolis, New York, Three Rivers Press, , 1re éd., 469 p., poche (ISBN 978-0-609-80815-3), « The City of the Gods Besieged », p. 260, 263, 265.
  18. (en) « World Gazetter City Pop:Athens », www.world-gazetter.com (consulté le ).
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  20. « Population of Greece »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté en ).
  21. « Réseaux étrangers, Chemins de fer grecs : un état des lieux (1re partie) », Rail Passion, no 201,‎ , p. 63-64
  22. « Réseaux étrangers, Chemins de fer grecs : un état des lieux (1re partie) », Rail Passion, no 201,‎ , p. 64-65

Voir aussi

Bibliographie

  • Georges Prévélakis, Athènes : urbanisme, culture et politique, L'Harmattan, , 146 p.
  • (en) Michael Llewellyn Smith, Athens. A Cultural and Literary History, Interlink Books, , 257 p.
  • (en) Dimitris Michalopoulos & S. Karavousis, Perpetual Athens, Athens: Europe Publishing, 1996, (ISBN 960-253-047-2)

Articles connexes

Liens externes

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Drapeau de l’État de Palestine
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Le Drapeau européen est le symbole non seulement de l’Union européenne, mais aussi de l’unité et de l’identité de l’Europe dans un sens plus large, puisqu'il a d'abord été le drapeau du Conseil de l'Europe. Le cercle d'étoiles dorées représente la solidarité et l’harmonie entre les peuples d’Europe. Le nombre d'étoiles n’est pas lié au nombre d’États membres. Les créateurs du drapeau, Paul M.G Lévy et Arsène Heitz, voulaient représenter la couronne de 12 étoiles de la Vierge Marie de la rue du Bac à Paris. Ainsi, le drapeau reste le même, indépendamment des élargissements du Conseil de l'Europe (actuellement 46 membres) ou de l'Union européenne (actuellement 27 membres).
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La partie verte du drapeau représente la majorité catholique de l'île, la partie orange représente la minorité protestante tandis que le blanc central représente la paix et l'harmonie entre ces deux communautés.
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