Mauléon (Deux-Sèvres)

Mauléon
Mauléon (Deux-Sèvres)
Ancienne porte de ville.
Blason de Mauléon
Blason
Administration
PaysDrapeau de la France France
RégionNouvelle-Aquitaine
DépartementDeux-Sèvres
ArrondissementBressuire
IntercommunalitéCommunauté d'agglomération du Bocage Bressuirais
Maire
Mandat
Pierre-Yves Marolleau
2020-2026
Code postal79700
Code commune79079
Démographie
Population
municipale
8 578 hab. (2019 en augmentation de 1,95 % par rapport à 2013)
Densité71 hab./km2
Géographie
Coordonnées46° 55′ 25″ nord, 0° 44′ 54″ ouest
AltitudeMin. 104 m
Max. 226 m
Superficie120,64 km2
TypeCommune rurale
Unité urbaineMauléon
(ville isolée)
Aire d'attractionCholet
(commune de la couronne)
Élections
DépartementalesCanton de Mauléon
(bureau centralisateur)
LégislativesTroisième circonscription
Localisation
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Mauléon
Liens
Site webwww.mauleon.fr

Mauléon est une commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine. Elle a obtenu le label Village étape en 2016.

Géographie

Mauléon est située sur la RN 249 (E 62), à vingt minutes par la route de Cholet et de Bressuire, à l'extrême nord-ouest du département des Deux-Sèvres. Elle est limitrophe de la région Pays de la Loire (Vendée et Maine-et-Loire).

Voies de communication et transports

Mauléon est desservie en autocars par le réseau Tréma (lignes 6, 102, 103, 104 et 115) et par la ligne 14 du réseau régional.

Communes limitrophes

Commune très étendue des Deux-Sèvres, Mauléon est limitrophe de treize autres communes, dont quatre en Maine-et-Loire et trois en Vendée.

Climat

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[2].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 1]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]

  • Moyenne annuelle de température : 11,3 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 2,2 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 3,8 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 14,4 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 858 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,6 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,9 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Nueil-les-Aubiers », sur la commune de Nueil-les-Aubiers, mise en service en 1938[7] et qui se trouve à 12 km à vol d'oiseau[8],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 11,7 °C et la hauteur de précipitations de 831,8 mm pour la période 1981-2010[9]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 5], « La Roche-sur-Yon », sur la commune de La Roche-sur-Yon, dans le département de la Vendée, mise en service en 1984 et à 58 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 12,2 °C pour la période 1971-2000[11] à 12,1 °C pour 1981-2010[12], puis à 12,4 °C pour 1991-2020[13].

Urbanisme

Typologie

Mauléon est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[14],[15],[16]. Elle appartient à l'unité urbaine de Mauléon, une unité urbaine monocommunale[17] de 8 578 habitants en 2019, constituant une ville isolée[18],[19].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cholet, dont elle est une commune de la couronne[Note 7]. Cette aire, qui regroupe 26 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (91,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (35,4 %), terres arables (30,7 %), zones agricoles hétérogènes (24,6 %), zones urbanisées (4,3 %), forêts (4,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,4 %)[22].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Risques majeurs

Le territoire de la commune de Mauléon est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses, et à deux risques particuliers : le risque minier et le risque de radon[23]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[24].

Risques naturels

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Pommeraye, la Sèvre Nantaise, l'Ouin et la Moine. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1984, 1993, 1995, 1998, 1999 et 2010[25],[23].

La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains[26]. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999 et 2010[23].

Risques particuliers

Un site de l'ancienne concession minière de Mallièvre est situé sur la commune. Ce gisement a produit 5 000 tonnes d'uranium de 1958 à 1990. La commune est dès lors concernée par le risque minier, principalement lié à l’évolution des cavités souterraines laissées à l’abandon et sans entretien après l’exploitation de ces mines[27].

Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Mauléon est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[28].

Toponymie

Mauléon est une contraction de « mauvais lion », signifiant « méchant lion »[29].

Histoire

Mauléon est située sur un éperon rocheux entouré de la vallée de l'Ouin et qui s'oppose au Mont-Gaillard (Château-Gaillard) et au quartier de Saint-Jouin.
En 1080, le nom de Mauléon apparaît dans les premières chartes de l’abbaye de la Trinité.

Mauléon est un fief de la famille qui portait ce nom, au moins depuis Raoul de Mauléon (fl. dans la seconde moitié du XIe siècle et au tout début du XIIe siècle), certainement un cadet de la Maison de Thouars, respectivement fils et frère puîné de Geoffroi II (vicomte vers 1015-1045/1055) et d'Aimeri IV de Thouars (vicomte vers 1055-1093)[30] ; on ne sait au juste comment Raoul acquit Mauléon ; les généalogies traditionnelles présentent la femme d'Aimery IV, Arégarde (ou Arengardis, Orengardis), comme la fille héritière d'un certain Geoffroy de Mauléon (il aurait donc existé une première famille seigneuriale de ce nom), et comme la sœur de Raoul, mais on sait aujourd'hui que ledit Raoul de Mauléon était plutôt le beau-frère et non le frère d'Are(n)garde : par un arrangement de famille, Raoul aurait-il hérité de sa belle-sœur ? ; on présente aussi parfois Raoul comme le fils d'Arégarde et d'Aimery[31], mais en fait il est bien de la même génération qu'Aimeri, et il est cité en 1099 puis 1107 comme l'oncle (paternel, donc, plutôt que maternel) d'Arbert/Herbert II et de Geoffroy III de Thouars, deux fils d'Aimery IV.

Le plus connu des sires barons de Mauléon est Savary Ier (vers 1180-1233), sénéchal du Poitou, troubadour, poète, corsaire et preneur de ville. Notamment, il s'empara de Niort en 1205 pour le compte de Jean sans Terre. Savary était l'arrière-arrière-petit-fils de Raoul (Ier ou II) de Mauléon[32] ; époux de Belle-Assez de Pareds et Chantemerle (à Moutiers ?), fille de Guillaume, sire de Pouzauges et de Pareds. Savary est suivi de sa fille Alix de Mauléon, femme en 1239 de Guy Ier de Thouars. Au XIIIe siècle, Mauléon appartient donc aux vicomtes de Thouars, et plus tard au XVe siècle, à la Maison d'Amboise (car l'héritière Isabeau de Thouars, comtesse de Dreux, fille de Jeanne de Dreux et de Louis de Thouars, épouse en 1356 Ingelger d'Amboise), puis à leurs héritiers les La Trémoille (car Marguerite d'Amboise épouse en 1446 Louis Ier de La Trémoille).

Mauléon fut très disputée pendant les guerres de religion car c'était un lieu stratégique. En 1587, Henri de Navarre s'empare de Mauléon. Et la ville est prise six fois de suite, tantôt par les huguenots, tantôt par les catholiques. En 1642, le château (remparts, tours…) qui domine l'éperon est démantelé par Richelieu très soucieux de la réunification du pays encore trop attaché à ses traditions selon lui.

En 1713, le duc de La Trémoille et de Thouars, Charles-Bretagne, vend la baronnie au marquis de la Flocellière, Gilles de Granges de Surgères, et Louis XIV la joint au marquisat de La Flocellière (mars 1713 ; enregistrement en février 1716)[33]. Vingt-trois ans plus tard, ce dernier revend la baronnie (contrat du 20 avril 1736)[34] au duc Alexis II Madeleine-Rosalie de Châtillon (> branche de Porcien-Châtillon) (1690-1754), gouverneur du dauphin, fils de Louis XV (nommé le 12 novembre 1735). Usant de son influence à la cour, celui-ci fit ériger la baronnie en duché-pairie dès la fin d'avril 1736[35], en lui donnant son nom (la famille prenait son origine à Châtillon-sur-Marne) : c'est ainsi que Mauléon devint pour un temps Châtillon (ou encore Châtillon-le-Château)[36], et plus tard Châtillon-sur-Sèvre, alors que la Sèvre nantaise ne passe qu'à 8 kilomètres environ. Son fils Louis-Gaucher (1737-1762) lui succéda en 1754 et épousa deux ans plus tard la fille unique du duc de la Vallière, mais il mourut prématurément (de la variole, à vingt-cinq ans)[37] en laissant deux filles survivantes. Tandis que l'aînée héritait du duché de la Vallière, la cadette, Louise-Emmanuelle de Châtillon (1763-1814, née posthume, et morte en Russie sans postérité survivante), épousa en 1781 un lointain descendant des Thouars et des Mauléon, Charles-Bretagne-Marie de La Trémoille (1764-1839).

En 1793, la ville de Châtillon-sur-Sèvre, devient la capitale de la Vendée militaire, et ce durant la période des guerres de Vendée (1793-1796).

Le , les communes de Saint-Jouin-sous-Châtillon et de Châtillon-sur-Sèvre se réunissent et deviennent une seule et même commune sous l'ancien vocable de Mauléon. Par arrêté préfectoral du prenant effet au , Saint-Amand-sur-Sèvre, La Chapelle-Largeau, Loublande, Moulins, Rorthais, Saint-Aubin-de-Baubigné et Le Temple fusionnent avec la commune de Mauléon. Saint-Amand-sur-Sèvre redevient indépendante le (arrêté préfectoral du )[38].

Économie

Grandes entreprises

La commune abrite le siège social de 7 grandes entreprises[39] réalisant plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Revenus et fiscalité

Le niveau de vie médian de la commune se chiffre à 17 622  annuels, un chiffre moins élevé (-12,27 %) que le revenu médian national (19 785 ).

Le taux de pauvreté (10,1 %) est plus bas que le taux de pauvreté français (13,9 %)

47,7 % des foyers fiscaux de la commune sont non imposables[40].

Territoires zéro chômeur de longue durée

Le Grand Mauléon est un des territoires sélectionnés pour l'expérimentation "territoires zéro chômeur de longue durée"[41].

Dans ce cadre est créée en l'association "Entreprise solidaire d'initiatives et d'actions Mauléonnaise" (ESIAM)[1].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
mars 1965mars 1989Louis FruchardCD puis UDF-CDSMédecin des Hôpitaux de Paris
Ancien maire de Saint-Jouin-sous-Châtillon
Conseiller général du canton de Mauléon (1964 → 1988)
Président du conseil régional de Poitou-Charentes (1986 → 1988)
mars 1989mars 2001Louis-Marie MarolleauDVDPrincipal de collège retraité
Conseiller général du canton de Mauléon (1994 → 2008)
mars 2001mars 2014Daniel AmiotUMPRetraité
Conseiller général du canton de Mauléon (2008 → 2009)
Président de la CC Delta-Sèvre-Argent [Quand ?]
Président de la CA du Bocage Bressuirais (janvier → avril 2014)
mars 2014En coursPierre-Yves MarolleauDVDProfesseur de collège
Président de la CA du Bocage Bressuirais (2020 →)
Réélu pour le mandat 2020-2026

Politique environnementale

Dans son palmarès 2020, le Conseil national de villes et villages fleuris a attribué trois fleurs à la commune[42].

Jumelages

Population et société

Démographie

En 1965, Châtillon-sur-Sèvre prend le nom de Mauléon à la suite de sa fusion avec Saint-Jouin-sous-Châtillon.

En 1973, sept communes s'associent avec Mauléon : La Chapelle-Largeau, Loublande, Moulins, Rorthais, Saint-Aubin-de-Baubigné, Le Temple, et Saint-Amand-sur-Sèvre. Cette dernière reprend son indépendance en 1992.

Les évolutions démographiques de ces communes figurent sur leurs articles respectifs.

Démographie de Saint-Jouin-sous-Châtillon

Démographie de Châtillon-sur-Sèvre, puis de Mauléon

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[43]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[44].

En 2019, la commune comptait 8 578 habitants[Note 8], en augmentation de 1,95 % par rapport à 2013 (Deux-Sèvres : +0,87 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
179318061821183118361841184618511856
9005687739351 0601 1701 2561 4151 494
186118661872187618811886189118961901
1 4601 5371 3561 3791 4731 3361 4471 5171 342
190619111921192619311936194619541962
1 3171 3421 2691 3051 3251 3501 2951 3001 254
196819751982199019992006200720122017
2 6608 1968 4458 7797 3277 8247 8858 3548 519
2019--------
8 578--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis Insee à partir de 2006[46].)
Histogramme de l'évolution démographique

La hausse sensible de population entre 1962 et 1968 résulte de la fusion des communes de Châtillon-sur-Sèvre et Saint-Jouin-sous-Châtillon et celle entre 1968 et 1975, de la fusion des communes de Saint-Amand-sur-Sèvre, La Chapelle-Largeau, Loublande, Moulins, Rorthais, Saint-Aubin-de-Baubigné et Le Temple avec la commune de Mauléon en 1973. La baisse de la population entre 1990 et 1999 s'explique, quant à elle, principalement par le rétablissement de la commune de Saint-Amand-sur-Sèvre, qui s'est détachée de celle de Mauléon en 1992. Depuis 1999, la population de Mauléon est en nette augmentation.

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Polissoir de la Marotte classé au titre des monuments historiques en 1945[48].
  • Château de Mauléon, classé au titre des monuments historiques en 1995[49].

L’abbaye de la Sainte-Trinité

Fondée vers la fin du XIe siècle, l’abbaye de la Trinité de Mauléon de l’ordre de saint Augustin devient rapidement le principal centre religieux de la contrée. Les moines réguliers vont s'installer dans l’abbaye jusqu'en 1540. Ensuite les moines commendataires prennent la relève. Les guerres de religion précipitent son déclin et elle est pillée plusieurs fois à la fin du XVIe siècle.

En 1660 l’abbaye de la Trinité entre dans la congrégation de France des Génovéfains dont le siège se trouvait à l’abbaye de Sainte-Geneviève à Paris. Elle est partiellement restaurée par les frères cardinaux d'Escoubleau de Sourdis au XVIIe siècle. Finalement, c'est au milieu du XVIIIe siècle que l'on reconstruit entièrement l'abbaye de la Trinité sur un plan en « fer à cheval » dont la façade mesure plus de 65 mètres de long. Ruinée pendant la Révolution, l'abbaye de la Trinité n’est pas épargnée par les guerres de Vendée.

L'histoire de l'abbaye s’arrête en 1806 avec son dernier prieur. Vendue comme bien national en 1803, elle est rachetée en 1813 par la commune de Châtillon-sur-Sèvre pour y installer ses administrations : hôtel de ville, palais de justice, gendarmerie et asile pour enfants. Dans l'aile ouest du bâtiment, les sœurs de la Sagesse qui s'occupent de l'asile, font élever une chapelle de style néo-gothique. Aujourd'hui encore, l'ancienne abbaye abrite l'hôtel de ville. À la place de la gendarmerie se trouve la poste et à la place de l'asile pour enfant, le musée du BRHAM (Bureau de recherches historiques et archéologique du Mauléonnais).

L’abbaye de la Trinité est construite dans la pierre locale, le granit, est de style néo-classique. Le premier niveau est percé de grandes baies éclairant un grand couloir qui autrefois servait de corridor qui rappelle le cloître. Le second niveau possède aussi de belles fenêtres encadrées de pierres de taille en saillie. Un joli balcon en fer forgé décore l'entrée principale et l'on peut encore apercevoir le blason du duc de Châtillon surmonté de la couronne ducale et du collier de l’ordre du Saint-Esprit.

L’église de la Sainte-Trinité

Fondée au XIIe siècle, l'église de la Trinité est également ruinée par les guerres de religion au XVIe siècle et incendiée pendant la guerre de Vendée.

En 1793, d’Elbée est élu généralissime des Insurgés dans l'église de la Trinité.

Elle est agrandie au XIXe siècle de trois travées et restaurée. L’église de la Sainte-Trinité possède une façade harmonieuse qui date de 1854 (restaurations). Son ancien portail roman a été réutilisé comme porte d'entrée du presbytère.

La nef est un vaste volume scandé de piliers rectangulaires. Son abside a des pans coupés revêtus de boiseries réalisés en 1835 sur le modèle des stalles de la cathédrale d'Angers.

L'église a connu un autre événement historique : à la suite de la loi de décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, le , une altercation entre les gendarmes de Cholet qui viennent faire l'inventaire et les Châtillonnais éclate. Des traces sur les portes de l'église en témoignent encore et montrent les « blessures » des catholiques.

Depuis le début de l'année 2006 l'église de la Trinité subit un grand chantier de restauration : voûtes, charpentes, murs.

Le presbytère

Fondé au XVIIe siècle par les génovéfains sur la demande du cardinal d'Escoubleau de Sourdis, le presbytère de style classique est un beau monument. Les frères d'Escoubleau de Sourdis ont par la même occasion remis de l'ordre dans la vie des moines qui à cette époque semblaient bien apprécier les tavernes et les auberges.

La façade du presbytère est découpée en trois niveaux de hauteur inégale, séparés par des bandeaux de pierres de granit en saillies. Les larges fenêtres au rez-de-chaussée, entourées d'un imposant chaînage de granit contribuent, avec la porte d'entrée, à donner un aspect austère et cossu. La date "1840", est inscrite sur le fronton triangulaire au-dessus de la porte principale pour indiquer l'année où ce monument est redevenu l'actuel presbytère.

Henri d'Escoubleau de Sourdis était l'évêque de Maillezais et de Mauléon. Il devient archevêque de Bordeaux et avec son frère François, ils entreprennent de grandes réparations de l'église et de l’abbaye de la Trinité de Mauléon. De plus, étant le cousin germain de Gabrielle d'Estrées (la favorite du roi), il est très proche d'Henri IV.

La fontaine de la Bachelette

Installée au printemps en 1994 et inaugurée le pour la fête de la musique, la fontaine est une œuvre contemporaine de l'artiste Crespin Guest de Nogent-sur-Marne.

Trois colonnes rectangulaires sont surmontées de trois personnages masculins, nus, qui semblent danser. Seul le personnage central porte sur ces épaules un mouton. Cette scène rappelle la fête de la bachelette qui existait bien avant l'époque médiévale et qui avait lieu dès le dernier vendredi du mois d'avril et qui durait plusieurs jours. Les jeunes gens célibataires ou futurs mariés, étaient mis à l'honneur d'où le nom de bachelette qui vient de bachelier autrement dit « bas-chevalier » (jeune chevalier). Des jeux et des danses étaient organisés. L'une des attractions principales était réservée aux jeunes hommes qui faisaient tournoyer un mouton au-dessus de leurs têtes après l'avoir bien nourri et bien saoulé.

Personnalités liées à la commune

Héraldique

BlasonBlasonnement :
De gueules au lion d'or, à la bordure d'azur chargée de huit besants d'or.

Voir aussi

Bibliographie

  • Bélisaire Ledain, abbé Gabard, « Châtillon-sur-Sèvre », dans Paysages et monuments du Poitou, Imprimerie typographique de la Société des Librairies-Imprimeries réunies, Paris, 1894, tome VIII, Deux-Sèvres, p. 1-15 (lire en ligne)
  • Claudy Valin, « Actes du colloque des 22 et 23 mai 1993 à Mauléon », Révolution et Contre-Révolution dans le Chatillonnais, Éditions Bordessoules, 1994, 257 p.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes et cartes

  • Notes
  1. Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[3].
  2. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  3. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
  4. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  5. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  6. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  7. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  8. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

Références

  1. Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  2. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
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  31. « Raoul de Mauléon », sur Geneanet Pierfit
  32. La filiation semble s'établir ainsi : Raoul Ier (ou II) de Mauléon (certainement un Thouars, fils cadet de Geoffroi II, frère puîné d'Aimeri IV et petit-neveu de Raoul Ier de Thouars ; fl. aux alentours de l'an 1100), époux de Rivoille de Châtelaillon < père d'Oger de Mauléon, marié à une Rochefort < Ebles de Mauléon, mari d'Eustachie de Lezay, dame de Talmont < père de : - Aénor/Eléonore (x Pierre II de Preuilly), - Raoul II (ou III ; x Alix, fille de Thibaud II Chabot de Vouvant et Mervent) et - Guillaume de Mauléon (x Béatrice, dame de Machecoul, La Roche-sur-Yon et Luçon ; † 1235 ; remariée à Aimery VIII de Thouars) (trois personnages fl. à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, de part et d'autre de l'an 1200) < Savary de Mauléon (fils de Raoul II ou III ; né vers 1180 et † en 1233).
  33. « Gilles-Charles de Granges de Surgères, marquis de La Flocelière et de Mauléon, p. 160-161 », sur Histoire généalogique de la Maison de Surgères en Poitou, par Louis Vialart, chez Jacques Chardon, à Paris, 1717
  34. Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), Paris, Maisonneuve et Larose, , xxvi-1218, p. 282, note 4
    Contrat reçu à Paris, AN, étude CXII, n° 524 bis.
  35. Levantal (1996), op. cité, p 282 et 507-509.
  36. Expilly (Abbé), Dictionnaire... des Gaules et de la France, t. 2, Paris, Desaint et Saillant (etc.), , p. 189
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