Henri Delaborde

Henri Delaborde
Delaborde Bonnat 1886.jpg
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Les chevaliers de Saint-Jean rétablissent la religion en Arménie.

Henri Delaborde, né le à Rennes et mort le  à Paris, est un conservateur, critique d’art et peintre d’histoire français.

Biographie

Second fils du général d’Empire et comte Henri François Delaborde, qui commandait alors le département d’Ille-et-Vilaine, Delaborde fit de brillantes études aux lycées Bourbon et Charlemagne[1]. Précocement doué pour le dessin, il entra, après quelques études de droit rapidement abandonnées, dans l’atelier de Paul Delaroche[1]. Après 5 ans d’études, il se rendit en Italie en 1834, 1839 et de 1842 à 1845, pour étudier les peintres florentins du Quattrocento[1]. À partir de 1836, il envoya des peintures religieuses et historiques au salon de Paris et exposa un certain nombre de tableaux d’histoire et de paysages[1]. Il a obtenu une 2e médaille en 1837 pour sa Conversion de saint Augustin, une 1re en 1847 pour son Christ au jardin des oliviers[2]. Son œuvre la plus importante est les décorations murales qu’il exécuta de 1844 à 1859 dans la chapelle des fonts baptismaux et celle des morts de l’église Sainte-Clotilde à Paris[1]. Ses principales toiles ont été gravées et lithographiées[2].

Contraint d’abandonner la peinture à la suite d’une grave maladie[3], il se consacra dès lors à l’histoire de l’art[3], publiant dès 1850, des articles dans la Revue des deux Mondes et la Gazette des beaux-arts[3], qui lui valurent quelques sarcasmes de la part des frères Goncourt[1]. Il clame alors l'existence d'une école française de peinture, remontant au-delà du Grand Siècle de Louis XIV, et qui figurerait une continuité dans l'histoire de l'art français : cette école française serait supérieure à ses voisines[4]. Par ailleurs, il révèle dans la Gazette des beaux-arts du sa découverte de deux gravures sur métal dont l'analyse donne une datation ne pouvant pas dépasser 1406, ce qui, à l'époque, en fait les estampes les plus anciennes connues[5].

Nommé conservateur-adjoint du Département des Estampes de la Bibliothèque impériale en 1855, puis conservateur en chef en 1858[3], il y resta trente ans, et devint l’administrateur général durant les années 1870-1871. Lorsque Napoléon III envisagea de transférer les estampes au Louvre, Delaborde le convainquit de n’en rien faire[3]. Le , envisageant, après la mort de Mercey, la création d’un Ministère des Beaux-Arts, Napoléon III offrit le poste à Delaborde qui le refusa[3].

Entré comme membre libre à l’Académie des Beaux-Arts en 1868, il en devint le secrétaire perpétuel de 1874 à 1898[6]. Il avait, au milieu de ces occupations, poursuivi ses travaux personnels, en collaborant notamment à l’Histoire des peintres de toutes les écoles de Charles Blanc (1861-76), en éditant les Lettres et pensées d’Hippolyte Flandrin (1865), en publiant de nombreux ouvrages comme Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine (1870) ou La Gravure en Italie avant Marc-Antoine (1883).

Il est le père de l’historien Henri François Delaborde. Il fut vicomte puis comte. Chevalier de la Légion d’honneur en 1860, il passa commandeur le [7].

Œuvres

Œuvres picturales

L'Arrestation du comte Ugolin, 1837, exposé au Salon de 1838
  • Agar dans le désert, 1836, musée de Dijon.
  • La Conversion de saint Augustin, 1837, acquis par l’État.
  • L’Arrestation du comte Ugolin, 1838.
  • Alexandre de Médicis, souverain de Florence (1510-1537), peinture d’après Giorgio Vasari, 2e quart du XIXe siècle, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Cosme de Médicis, Gonfalonier de Florence (1389-1464), peinture d’après Jacopo Carrucci, 2e quart du XIXe siècle, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon ; aile nord des ministres.
  • Elisabeth Farnese, reine d’Espagne (1692-1766), peinture d’après Jacinto, 2e quart du XIXe siècle, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Jean de Médicis, dit Jean Des Bandes noires (1498-1526), peinture d’après Tiziano Vecellio, 2e quart du XIXe siècle, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Laurent Ier de Médicis, chef de la République Florentine (1448-1492), peinture d’après Giorgio Vasari, 2e quart du XIXe siècle, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Le Christ acceptant son supplice, peinture, 1848, Mâcon ; musée des Ursulines
  • Les Chevaliers de Saint-Jean rétablissent la religion en Arménie. 1347, peinture, 1845, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Prise de Damiette. 1219, peinture, 1841, Versailles ; musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
  • Dante à la Verna, peinture, 1847, palais de Saint-Cloud.
  • La Mort de sainte Monique, mère de saint Augustin, 1838.

Publications

  • La Photographie et la Gravure, Paris, [s.n.], 1856.
  • Études sur les beaux-arts en France et en Italie, Paris, Jules Renouard, 1864, 485 p.
  • Lettres et pensées d’Hippolyte Flandrin, accompagnées de notes et précédées d’une notice biographique et d’un catalogue des œuvres du maitre, Paris, Henri Plon, 1865.
  • Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine, d’après les notes manuscrites et les lettres du maitre, Paris, Henri Plon, 1870.
  • Gérard Édelinck, Paris, Librairie de l’Art, 1886.
  • Mélanges sur l’art contemporain, Paris, Jules Renouard, 1866.
  • La Gravure : précis élémentaire de ses origines, de ses procédés et de son histoire, Paris, Albert Quantin, 1882 (lire en ligne).
  • La Gravure en Italie avant Marc-Antoine : (1452-1505), Paris, J. Rouam, , 287 p. (lire en ligne).
  • Marc Antoine Raimondi ; étude historique et critique suivie d’un catalogue raisonné des œuvres du maitre, Paris, Librairie de l’Art, 1888.
  • Les Maitres florentins du XVe siècle, Paris, E. Plon, Nourrit, 1889.
  • L’Académie des Beaux-Arts depuis la fondation de l’Institut de France, Paris, E. Plon, Nourrit, 1891.
  • Notice sur la vie et les travaux de M. Robert-Fleury, Institut de France, Académie des beaux-arts, .

Notes et références

  1. Agnès Callu, La Réunion des musées nationaux, 1870-1940 : genèse et fonctionnement, vol. 42 de Mémoires et documents, Paris, École nationale des chartes, 1994, 551 p. (ISBN 978-2-90079-111-0), p. 176.
  2. Société de l’histoire de l’art français, Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1970, p. 138.
  3. Catherine Granger, L’Empereur et les arts : la liste civile de Napoléon III, Paris, École nationale des chartes, 2005, 866 p. p. 164.
  4. Henri Delaborde, « De la peinture française et de son histoire », Revue des Deux Mondes,‎ , p. 1115.
  5. Georges Duplessis, Histoire de la gravure ancienne : suivie d'une indication technique sur les différents procédés de gravure, Paris, Jean de Bonnot, , 528 p. (BNF 34563749), p. 6.
  6. Ornella Volta, Erik Satie. Correspondance presque complète, Fayard/IMEC, 2000, p. 649.
  7. La Chronique des Arts et de la Curiosité, no 26, 1893, p. 203 lire en ligne.

Annexes

Bibliographie

  • Émile Michel, « Le comte Delaborde », La Gazette des Beaux-Arts, t. 2, 1899, p. 71-81
  • Philippe Gille, Notice sur la vie et les œuvres de Monsieur le comte Henri Delaborde », Paris, Institut de France, 1900.
  • Georges Lafenestre, « Notice nécrologique du comte H. Delaborde », Bulletin de la société des anciens élèves du lycée Charlemagne, 1900, p. 188-193
  • Gustave Larroumet, « Notice historique sur la vie et les travaux de Monsieur le comte Henri Delaborde », Paris, Institut de France, 1900.
  • Marc Sandoz, « Le vicomte Henri Delaborde, peintre d’histoire (1811-1899) », Bulletin de la société de l’art français, 1970, p. 135-148.
  • Agnès Callu, La Réunion des musées nationaux, 1870-1940 : genèse et fonctionnement, vol. 42 de Mémoires et documents, Paris, École nationale des chartes, 1994, 551 p. (ISBN 978-2-90079-111-0).
  • Catherine Granger, L’Empereur et les arts : la liste civile de Napoléon III, Paris, École nationale des chartes, 2005, 866 p.

Liens externes

Médias utilisés sur cette page

The Arrest of Ugolino by Henri Delaborde.jpg
L’arrestation du Comte Hugolin. Chassés de leur palais par ordre de Roger, archevêque de Pise, Ugolin et ses quatre fils sont conduits dans une prison où ils moururent de faim. D'après la légende de Ugolin della Gherardesca rapportée par Dante.